13 août 2006
CARNET DE ROUTE
Depuis le plus jeune âge, plutôt secret, plutôt réservé, la distance mise sur le réel faisait de moi un contemplatif, un observateur discret de la vie.
Passionné très tôt par les phénomènes optiques, c'est tout naturellement que vers douze ans, je fabriquais une lunette astronomique et qu'ensuite le club d'astronomie Antarès me donnait l'accession au fantastique monde de l'infiniment grand.
J'étais fasciné par la possibilité d'être si proche d'un lointain inaccessible …
L'appareil photo offert par ma tante, un Kodak Retinette, a été une première révélation, ce sentiment de rapprochement des choses éloignées, je le ressentais maintenant avec un instrument qui me connectait sans danger aux proches et aux autres.
Le lien avec l'autre, c'était la photographie.
Le club photo de mon quartier me faisait entrer dans la magie du développement et du tirage noir et blanc.
A dix huit ans l'encadrement d'une colonie de vacances me paya mon premier reflex, un Zenith, qui m'ouvrait de nouveaux domaines de la photo et que j'explorais avec délectation.
A la fin de mes études secondaires après un stage de parachutisme, l’armée de l’air m'offrait une formation de photographe très complète à Rochefort-sur-mer sur un éventail très étendu de tout ce que l'on peut exploiter en photo.
C'est à Toulouse, jusqu'à l'âge de 25 ans que dans ce monde de l'aviation je mettais en pratique l’enseignement de l’école de Rochefort. Cela pouvait se traduire par des missions photographiques en hélicoptères ou en avions tels que les Nord Atlas, Broussard, Transal, Dassault, ou bien par des reportages du style meetings aériens, cérémonies officielles, des prises de vue en studio et du travail au laboratoire.
Au bout de mon engagement j'avais hâte de quitter l'uniforme pour monter mon Studio Photo pas très loin, dans le village de Portet s/Gne et je rencontrais là ma vrai nature, épris de liberté et de création.
Cette expérience artisanale qui se poursuivit jusqu'en 1981, fut écourtée par la réussite à un concours de l'administration, ce qui m'arracha d'un monde merveilleux mais parfois précaire pour une certaine sécurité …
Paris m'accueillait à l'hôtel de la Monnaie, une autre aventure…
Cependant, cette passion de la photo toujours vivace poursuivait son cheminement au sein du club Photo de l'entreprise et par les récompenses à différents concours, par des expositions, l'animation de stages de photographie ainsi que la participation à différents jurys.
D'autre part l'enseignement de photographes tels que Jean-Baptiste Huyn, Philippe Salaün , les formations sur les outils graphiques à l'école Estienne et sur l'image numérique complétèrent ce parcours.
Aujourd'hui, photographe d'entreprise de la Monnaiede Paris, le monde numérique me séduit aussi par toutes ses tentations et ses possibilités créatives.